Extraconjugales .fr : plus de plaisirs !

Les infidélités de JFK, l’affaire de l’ancien président Bill Clinton avec Monica Lewinsky ou encore l’affaire DSK …

Ces exemples nous montrent qu’il n’existe aujourd’hui plus de frontières entre sphère publique et sphère privée – ce qui n’était pas le forcément le cas jusqu’à la fin du 20e siècle (la vie privée / intime des présidents français est longtemps restée secrète).

Pour Noël Mamère, cette nouvelle situation correspond « à c’est la fin de la théorie de Kantorovich des 2 corps du roi » (source : l’émission « Ce soir ou jamais » diffusée le 17-01-14 – « Vie privée, vie publique, quelles limites ? »).

Décryptage …

La théorie des deux corps du roi ?

Selon Kantorovich, le roi possède un corps terrestre mais il incarne aussi une figure (« un corps » dans le texte) politique qui traverse le temps (au dela de sa mort).

Pourquoi la théorie de Kantorovich n’est-t-elle plus (selon N. Mamère) valable dans le cas de F. Hollande ?

Parce que le roi (comprendre le président) ne possède plus un corps terrestre (privé / personnel) dissocié de sa figure politique et morale (qui se doit d’être exemplaire).

De fait, les temps changent …

Facebook, Google+, Twitter … Les informations circulent plus rapidement que jamais. Les désinformations aussi.

Le rapprochement vie privée / vie publique participe-t-il à la désacralisation de la représentation de la fonction présidentielle ?

Oui sans doute, et alors ?

Les présidents sont eux aussi humains ! Ils ont eux aussi le droit de suivre leurs sentiments les plus intimes (de ressentir un nouvel amour ou même de se laisser aller comme tant d’autres personnes le font), tant que cela ne nuit pas à l’intérêt général …

Les personnalités sous le feu de l’actualité sont heureuses de se jouer des médias / de les utiliser voir de les instrumentaliser (dans un campagne de communication).

Pourquoi ces personnalités seraient-elles étonnées de voir leur vie personnelle étalée à la une des journaux / des tabloïdes ?

Même si cette tendance est une tendance de fond, il faut ici – plus que jamais – lutter contre les amalgames.

Il faut différencier le jeu des personnes médiatiques concernées (qui peuvent être dans la retenue ou au contraire de l’exploitation intentionnelle de leur image).

Ce qui s’est passé depuis Sarkozy, DSK ou Hollande, c’est une certaine tendance à exploiter toutes les informations personnelles des responsables politiques.

Les conséquences politiques ?

L’émission de radio « Le téléphone sonne » du 15 janvier 2014 sur France Inter (émission intitulée « Le président de la République peut-il avoir une vie privée ? »).

Question de fond qui émerge dans le contexte marqué par les révélations autour de l’infidélité du président François Hollande avec Julie Gayet :

Quelles sont les frontières entre vie privée et vie publique ?

Intervenants :

  • Jean-Marie Colombani, journaliste, essayiste, ancien directeur du journal « Le Monde », cofondateur du site d’information Slate.fr, chroniqueur sur la Radio France.
  • Brice Teinturier, politologue, directeur général de l’institut de sondage Ipsos France.

Les révélations d’infidélité peuvent-elles nuire à l’image présidentielle (et donc de la France ou de tel ou tel autre pays) ?

Pour certains :

Le président de la république peut avoir des relations personnelles avec n’importe qui, n’importe quand et n’importe où, mais pas n’importe comment !

Ce point de vue est sans doute maximaliste.

Mais nos démocraties sont engagées dans un mouvement de fond, celle de la transparence.

Elle est justifiée dans le domaine de la finance, des conflits d’intérêt.

Mais il existe aussi une autre transparence, qui voudrait que l’on inclut dans cette obligation la vie privée.

Aux Etats-Unis où le puritanisme s’affirme, on ne juge pas seulement un homme ou une femme politique sur ses seuls actes publiques, mais aussi sur ses actes privés …

La transparence dans la vie privée ?

Aux Etats-Unis, on ne juge pas seulement les actes professionnels ou politiques, mais aussi sur son comportement privé (et donc des normes morales qui devraient être acceptées par le plus grand nombre).

De ce point de vu, la société européenne semble suivre les évolutions observées outre-Atlantique.

Garder un secret d’infidélité au sommet de l’Etat privé : possible ou pas ?

Un acteur public d’envergure est obligé de prendre en compte le fait que sa vie privée puisse focaliser l’attention du public / se retrouver au centre de questions qui dépassent la sphère privée.

La sécurité du pays peut-elle être mise en jeu ?

On peut légitimement se poser la question.

Si la sécurité rapprochée d’un président n’est pas assurée, tous les scénarii sont alors possibles !

Sécurité de la vie privée ou de la vie publique d’un personnage politique influent ?

L’hypothèse d’un risque de la sécurité d’un ou d’une présidente ne peut être écartée.

Mais ce type de scénario relève avant tout des services de sécurité de l’Etat …

La normalité affirmée par F. Hollande lors de sa campagne présidentielle a voulu accentuer la normalité de sa fonction. Or la fonction présidentielle n’est pas normale.

C’est l’idée que se font les individus sur les fonctions importantes.

Les écarts à ce contrat implicite sont toujours source d’interrogations …

Est-ce le résultat de la guerre des audiences ou des médias ?

Même l’énoncé d’informations plus importantes semble éclipsé par les aspects privés mis en avant dans les journaux / magazines …

Un comportement exemplaire ?

« Moi, président de la république, je ferais en sorte que mon comportement soit à chaque instant exemplaire » (source : lors du débat télévisé qui l’opposait en 2012 à Nicolas Sarkozy).

Oui, mais par rapport à quelles valeurs morales …

On introduit là des notions d’ordre moral que tout un chacun refuserait de s’imposer à lui-même.

Une affaire extraconjugale peut avoir des conséquences sur l’image d’une personnalité médiatique, mais pas forcément sa capacité à endosser ces fonctions …

La question de la transparence de la vie publique ?

La question de la transparence entre vie privée et vie publique concerne au premier chef les personnes :

  • Qui incarnent des fonctions morales qui se doivent d’être exemplaires.
  • Qui exercent un pouvoir susceptible d’impacter la vie / l’avenir d’un pays …

A ce titre, peut-on penser qu’un ou qu’une présidente (capable d’influencer le destin de millions de personnes ou même capable de déclencher une action militaire d’envergure voir une action nucléaire) puisse avoir des relations privilégiées avec un(e) journaliste, un espion (une espionne), une personne qui n’a pas conscience de ces responsabilités ?

Autre remarque :

Les personnalités politiques (sous les feux des médias) instrumentalisent leur propre image en permanence. Elles montrent leur vie privée, elles jouent de ce jeu là (exemples : Valéry Giscard D’estaing qui affichait sa famille sur ses affiches électorales ou le lancement de la campagne de Sarkozy avec l’implication de ses femmes ou de son Fils Louis). Peut-on imaginer que ces personnalités n’aient pas conscience du fait que leur vie privée puisse à tout moment leur échapper ? Non, il est à priori impossible de justifier un tel écart.

Pour autant, même si cette tendance s’affirme comme une tendance de fond, il semble plus que jamais nécessaire de rappeler qu’il faut différencier selon les cas. Il y a des acteurs politiques qui usent ou abusent de leur image, il y en a malgré tout certains qui sont dans la retenue – et que l’on ne peut pas amalgamer avec d’autres !

Tout est-il transparent ? Quel est le point limite ?

Doit-on juger sur des comportements privés – à partir de critères moraux – et non plus sur des actes politiques ou d’efficacité ?

Une personnalité morale / politique / médiatique doit-t-elle à tout prix sacrifier sa vie intime ?

Pas forcément …

  • Chaque individu tient à sa propre vie privée ! Il semble donc logique de penser qu’une majorité d’individus respectent aussi le désir d’intimité de certaines personnes médiatiques !
  • Et puis il arrive aussi que les journaux / médias mettent en avant les informations qui sont susceptibles d’étonner le plus grand nombre (de générer le plus de visibilité et de ventes), mais qui ne sont pas forcément toujours avérées.

Pour autant …

Peut-on encore – aujourd’hui – départager la vie publique de ses choix personnels les plus intimes ?

Force est de constater que la vie privée des personnalités médiatiques leur échappe de plus en plus

Et que cela peut en effet avoir un impact sur leur carrière.

La vie privée peut-elle affectée ou non l’image de la fonction incarnée ?

Le témoignage d’une auditrice de l’émission « Le téléphone sonne » citée dans cet article :

« Je pensais me moquer de ce genre de révélations. Mais je m’aperçois finalement que tout cela a malgré moi une influence sur mon opinion concernant François Hollande. Je ne le défends plus politiquement car je le vois comme un homme non fiable … La femme que je suis va désormais influencer l’électrice que je serais ».

De même, les écarts à la fonction peuvent être utilisés / exploités par d’autres prétendants au pouvoir.

Dans la bataille politique, les opposants n’hésitent plus à faire de cette vie privée une arme politique …

Ce constat doit à nouveau être pris en compte par les personnalités concernées. Tous leurs comportements – même les plus intimes – sont susceptibles d’avoir une influence sur leur image.

Pour autant – et encore une fois :

  • Cet avis doit aussi être confronté aux compétences et aux résultats associés à leurs fonctions.

Faut-il donner autant d’importante à des histoires personnelles finalement assez banales ?

Notre avis …

Il convient de rester attentif et vigilant concernant tous les enjeux soulevés par les questions abordées dans cet article.

Le respect de la vie privée est important :

  • Les évolutions / crises personnelles sont parfois stimulantes – et parfois à l’origine de nouvelles décisions finalement positives pour soi et pour les autres.
  • On n’élit pas un couple, mais un ou une représentante de la république !
  • Le seul engagement (bilan) qui compte (de la part d’un homme ou d’une femme politique / responsable d’entreprise / figure morale) n’est-il pas de participer à l’amélioration de la situation de tous (quelles que soient ses histoires personnelles) ?
  • Les enjeux impliqués sont plus ou moins graves en fonctions des cas.

Mais il faut aussi être réaliste, et aborder de manière sérieuse toutes les questions qui peuvent concerner différentes personnalités (politiques / morales / sportives ou ayant un important pouvoir économique) de premier plan.

Et d’ailleurs, nous avons de nombreuses raisons de penser que les citoyens ne sont pas dupes …

Infidélités des politiques, des stars de la musique, des sportifs de haut niveau ou (d’une manière générale) des people …

Les citoyens ne sont pas dupes.

  • Ils sont nombreux être intéressés (curieux) lorsque telle ou telle histoire d’infidélité fait la une des médias.
  • Ils sont nombreux à remarquer que les personnalités médiatiques instrumentalisent elles-mêmes leur propre image (en font partie de leur stratégie de communication) lorsque cela les arrange …
  • Ils sont souvent moins tolérants lorsque plusieurs scandales se succèdent.
  • Ils sont aussi souvent moins tolérants lorsque les personnalités en question sont censées mettre toute leur énergie au service de tous (du plus grand nombre).
  • Mais ils sont surtout nombreux (en tout cas en France) à considérer qu’au final, seuls les actes et les résultats associés à la responsabilité politique exercée comptent.

A suivre :

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